Apsyz Conseil

Si les enfants ont de par leur nature des capacités de résilience et d’adaptation importante, cela ne veut pas dire évidemment qu’ils ne ressentent pas les méfaits des contraintes de leur environnement. Toute résilience est d’abord un mode de défense face à une agression émotionnelle extérieure.

Lorsqu’en temps normal nos équipes de psychologues sont sollicités pour la mise en place de cellules d’écoute psychologique à destination des mères de familles, le contexte actuel est riche de beaucoup de retours d’expérience et appels au secours de la part de nombreux parents.

Ces sollicitations pourraient se résumer à :
“comment imposer des limites à l’enfant dans un cadre…limité?”


S’agit-il en effet d’assouplir, voir d’abolir le cadre éducatif puisque celui du confinement est déjà bien assez restrictif ? Ou s’agit-il plutôt de garder le cap et persévérer le cadre éducatif, qui risquera pourtant, surajouté au cadre du confinement, de générer le sentiment d’une double peine chez l’enfant et d’exacerber frustrations et colères ?

Il s’agit ici de comprendre que le sentiment d’angoisse, s’il peut-être plus ou moins géré par l’adulte qui accède en continue à l’information, peut la traiter, l’intellectualiser et rationaliser autant que possible ses craintes, l’enfant lui, n’a pas encore acquis les cognitions ni les outils pour en faire de même.

« Le Covid-19 est un virus, une menace
extérieure aux murs de notre foyer que l’on ne
voit pas et qui tue des gens ».


Sommes-nous certains, en tant que parents, que privilégier le « dire » à ce sujet prémunira nos enfants de la peur et de l’impact que celle-ci a déjà sur leur monde intérieur, sur leur sentiment de confiance à entreprendre le monde extérieur alors qu’il s’agit justement là d’un des enjeux majeurs de notre parentalité ?

Il ne s’agit pas ici de taire les événements actuels dans une situation qui évidemment nécessite de dialoguer en famille pour expliquer, rassurer et tenter d’apaiser, mais peut être d’appeler aussi tout un chacun à des temps de silence partagés, dans toute cette urgence quotidienne, ces nécessités de tout faire à domicile dans un temps compressé. Pourquoi ne pas en profiter pour nous donner l’occasion, justement, de donner un peu plus d’épaisseur au temps dans les moments partagés?

Etre ensemble, se prendre les mains, (se) regarder, ne pas parler, écouter le silence, s’arrêter, museler la technologie, recouvrir les écrans, allumer une bougie, s’entendre respirer, (se)sourire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site.